Le phénomène de vol de câble électrique prend des proportions de plus en importantes. Localisé, dans un premier temps, uniquement au niveau des déchets, notamment les matériels déposés, ce fléau s’est étendu par la suite aux réseaux électriques des zones abandonnées lors de la tragédie nationale. Ces dernières années, le phénomène s’est propagé aux réseaux sous-tension y compris les équipements des postes Moyenne Tension / Basse Tension et les disjoncteurs Moyenne Tension.
En intervenant sur les lignes aériennes en fonctionnement, les « voleurs » risquent leur vie et plusieurs d’entre eux ont été victimes d’électrocution sans que cela les dissuade de continuer leur trafic. Ceux qui sortent indemne de ce « rapt » sont en voie d’acquérir une expérience de plus en plus pointue. Les agents du Groupe Sonelgaz assistent aujourd’hui à des démontages, fruits de « professionnels aguerris », de tableaux Basse Tension et de disjoncteurs Moyenne Tension. D’ailleurs, une douzaine de tableaux Basse Tension ont été démontés et volés de l’intérieur des postes de transformation ; ce qui a amené les exploitants à les souder pour rendre l’opération de démontage plus difficile.
Les voleurs profitent également de la particularité de la distribution électrique à travers les réseaux de lignes aériennes et souterraines. Cette répartition des équipements et des ouvrages dans l’espace les rend vulnérables car ne pouvant pas être gardiennés simultanément et en tout lieu.
Par ailleurs, la hausse des prix du cuivre, de l’aluminium et de l’acier encourage les voleurs à persévérer dans leur délit et fait perdurer le phénomène.
La disparition d’une partie d’une ligne ou une partie des conducteurs d’une ligne électrique occasionne une interruption immédiate de la fourniture de l’énergie électrique. Ainsi, le manque à gagner enregistré par la collectivité se chiffre, selon le cas, en dizaines de millions de dinars car toutes les activités socio-économiques sont paralysées. A titre d’exemple, Sonelgaz distribution Ouest a perdu en 2008 près de 120,690 KM et en pertes sèches cela équivaut à 188 432 KDA
Pour le Groupe Sonelgaz, le taux de pertes est également très important et se caractérise par des Kilowattheures (kWh) non vendus et des réseaux détruits qu’il faut rétablir très vite.
La crainte aujourd’hui est de voir les voleurs passer à d’autres étages de tension après avoir déjà opéré sur la Basse Tension, la 10kV et la 30kV.
Devant ces pratiques, le Groupe Sonelgaz a remplacé le cuivre par de l’aluminium sur les réseaux Basse Tension. Ce qui a quelque peu réduit le nombre de vols.
Cependant avec l’envolée du prix de ce métal, ce dernier est devenu tout aussi convoité. D’autres mesures sont mises en œuvre par les exploitants tels que la soudure des tableaux Basse Tension et le renforcement du gardiennage des équipements stratégiques afin de réduire le phénomène.